Phalaenopsis

 

GÉNÉRAL

       Dans l’histoire des orchidées, rien ne suscite chez les orchidophiles autant de discussions que les différentes méthodes de culture. Tous les bons producteurs ont développé leurs recettes et, si cela fonctionne bien pour eux, pourquoi changer? Ils ont tous la même maxime, «si ce n’est pas brisé pourquoi le réparer ». Toutefois, s’il y a un point sur lequel tous s’entendent, c’est sur les principes de culture. Il n’y a pas de façon spéciale ou unique de cultiver les phalaenopsis. Dans les faits, il y en a plusieurs et personne ne peut affirmer qu'il y en a une meilleure que l'autre.

         Avant de passer en revue ces principes, essayez de visualiser la jungle indonésienne. Un couvert épais, des arbres majestueux dont le tronc est couvert de mousse, de sycomores, une humidité très élevée, une chaleur intense le jour, des nuits plus fraîches, un vent doux, une saison des pluies l’été et de sécheresse l’automne. C’est dans ce type d’environnement que croient les espèces de Phalaenopsis. Elles s’agrippent aux arbres à l’aide de leur racines aériennes parce que, oui, elles sont épiphytes. N’essayez surtout pas de faire croître votre plante dans un terreau, elle n’est pas terrestre et vous la tueriez à coup sûr. Naturellement, votre milieu n’est pas la jungle ; mais il est assez simple de recréer chez vous cet environnement et ainsi déjouer les habitudes naturelles de la plante. Quelle joie vous procurera votre phalaenopsis lorsqu’elle refleurira pour la première fois.

Sachez d’abord que votre orchidée aura mis plusieurs mois pour atteindre sa maturité et subi plusieurs étapes de croissance.

  • Près de 4 mois pour obtenir une gousse mature qui fournira la semence.

  • Entre 6 à 12 mois dans un flacon mère fermé hermétiquement afin d’obtenir des protocormes (jeunes plantules) qui seront transplantés.

  • 6 à 12 mois dans un deuxième flacon fermé hermétiquement contenant un nombre variable de plantes.

  • De 12 à 18 mois à l’air libre. Les plantes seront groupées en pot communautaire et transplantées à tous les 4 mois.

  • Pour la majorité des croisements, comptez encore 12 à 18 mois pour obtenir des plantes prêtes pour leur première floraison.

 

L’EAU ET LES ARROSAGES

                   Ce n’est pas sans raison que nous débutons par les arrosages. La très grande majorité des questions qui sont posées porte sur ce point. De plus, dans la culture des orchidées, cette variable est aussi la principale cause des mortalités. À quelle fréquence devons-nous arroser notre phalaenopsis? Ceux et celles qui s’attendent à une réponse claire seront sans doute déçus. Quand la plante a soif. Plusieurs facteurs influencent cette fréquence. Les saisons, l’humidité ambiante, le type de médium utilisé lors de l’empotage, la température, etc. Il n’y a donc pas de ligne directrice sur ce point. Toutefois, vous aurez plus de difficulté à tuer un phalaenopsis par une sécheresse forcée que par un excès d’eau suite à des arrosages trop fréquent.

Ce que votre Phalaenopsis aime :

  • Un arrosage abondant et en profondeur lorsque c’est requis.

  • Un milieu de culture qui demeure légèrement humide entre les arrosages.

  • Une eau ayant un PH entre 5,8 et 6,2 pour une absorption maximale des engrais (un peu acide). En général au Québec et au Canada, l’eau traitée par les usines de filtration est excellente pour la culture des orchidées. Dans le doute, l’analyse de l’eau est recommandée. Un ajustement de votre eau sera peut-être nécessaire.

Ce que votre Phalaenopsis déteste :

  •   Avoir ses racines baignées dans l’eau par des arrosages trop fréquents. (Première cause de maladie. (La pourriture des racines entraîne , s’il n’y a pas de correctif, la mort de la plante)
  •   Des arrosages qui sont trop superficiels. (Accumulation de sels dans le milieu d’empotage, ce qui entraîne le dessèchement des racines et la mort éventuelle de la plante.
  •   Un milieu qui est trop souvent desséché.
  •   L’eau d’un puits qui est souvent trop alcaline pour la culture des orchidées. Elle la déteste encore plus si vous êtes équipé d’un adoucisseur trop salin. L’analyse de l’eau est indispensable. L’eau de pluie est un bon palliatif pour les petites collections.

Astuce:les cache-pots sont à éviter!! Il faut placer la plante dans un pot transparent percé!!!

C'est ici que l'on voit l'utilité des pots transparents puisque, avec ses pots, il est très facile de voir quand arroser:

si les racines sont bien vertes et qu'il y a de la buée====>pas besoin d'arroser
par contre si les racines deviennent blanches======>il faut arroser!!!!

 

LES ENGRAIS

                  Tous ceux et celles qui ont déjà vu un contenant d’engrais savent déjà qu’il y a trois chiffres d’inscrits. Le premier représente l’azote, le deuxième le phosphore et le troisième le potassium. D’une marque à l’autre et d’un fertilisant à l’autre, on peut retrouver une très grande variété de micro éléments, tels que le souffre etc. Tous ces éléments sont essentiels à la bonne croissance de votre plante.

Pendant presque toute l’année, nous utilisons un engrais balancé, le 20-20-20 au quart du dosage recommandé par le fabricant pour les plantes intérieures, à raison de trois arrosages sur quatre. La quatrième fois on arrose à l’eau seulement. Cela permet un bon lessivage des sols, ce qui empêche l’accumulation des sels dans le milieu d’empotage. Au cours des mois de novembre et décembre, nous optons pour un engrais avec un dosage plus élevé en phosphore afin d’obtenir une plus belle floraison.( Ne jamais appliquer des engrais lorsque votre milieu d’empotage est trop sec. (Arrosez profondément votre milieu et appliquez l’engrais le lendemain).

 

 

LES MILIEUX DE CULTURE

                       Pour la grande majorité des orchidées, le milieu d’empotage et le pot ne servent qu’à nourrir et soutenir la plante. Si elle était placée dans des conditions se rapprochant de leur milieu naturel, votre Phalaenopsis pourrait aussi bien pousser sur un bout de bois ou sur un carré de liège. C’est pourquoi vous pourrez retrouver les Phalaenopsis dans des pots de gré ou de plastique et dans divers milieux d’empotage. L’important, c’est que les racines puissent respirer.

                        Il n’y a pas vraiment de médium idéal, chaque producteur aura sa propre recette plus ou moins complexe. Quelques fois ils utiliseront de la perlite , du charbon de bois, de la fibre de coco, du Pro Mix HP, écorce de pin, mousse de sphinge de la Nouvelle Zélande et autres produits que l’on peut retrouver sur le marché. Ce qui est important avant tout, c’est de reconnaître les qualités de rétention de l’eau du médium dans lequel votre orchidée poussera.

                         Nous n’utilisons que de la mousse de sphaigne de Nouvelle Zélande. Nous connaissons bien ce produit, ces qualités et ces défauts. Ce qui importe le plus c’est que nos plantes semblent être heureuses, alors pourquoi devrait-on changer. Toutefois si vous choisissez d’utiliser un autre produit, il ne faut pas changer toute votre collection d’un coup.

 

LUMIÈRE ET ÉCLAIRAGE

                           Les orchidées ont besoin de lumière pour se développer. Elles pourront aussi bien pousser en recevant cette lumière d’un bord de fenêtre ( à l’exception du côté nord), sous des néons, des lampes à pression haute intensité, pour des collections plus importantes, ou dans une serre.

                            À quelle intensité ? Juste assez pour ne pas brûler la plante. Comme nous, votre phalaenopsis pourrait attraper un coup de soleil. Pour nous un coup de soleil veut dire que notre peau va peler , pour votre plante çà se termine par une blessure permanente et possiblement la mort. En général, si la température du feuillage devient plus chaude que la température de votre corps, vous devez reculer votre plante du bord de la fenêtre, ou ombrager celle-ci.

                         N.B. – Les plantules (moins de 7 cm 3 pouces) demandent moins d’éclairage.

– Les fleurs ont tendance à perdre leurs couleurs si elles sont placées près d’une source lumineuse trop intense

Température

entre min.16°c et max.25-26°c !!! A + de 30°c , la plante stoppe sa croissance et à moins de 16°c si elle est en boutons, ceux-ci risquent de tomber!!!

 

HUMIDITÉ

Le phalaenopsis préfère un taux d’humidité élevé dans son environnement immédiat, entre 60 à 80 %. À certaine période de l’année, ce taux pourrait être insuffisant. Entre autres, lors de la canicule d’été ou l’hiver lorsque nos maisons sont surchauffées et que le taux d’humidité est à moins de 50 % . Ce taux est encore réduit si le chauffage de la demeure provient de radiateurs électriques.

Il est facile de créer cet environnement en plaçant les plantes au-dessus d’un contenant rempli d’eau auquel on aura ajouter de petites roches.

N.B. Ni le pot, ni les racines ne doivent avoir un contact direct avec l’eau.

  • Pour éliminer la formation d’algues ajouter un bouchon d’un nettoyeur bactéricide pour la maison dans l’eau.

 

MALADIES

Si vous avez compris les différentes variables dans la culture et leur contrôle (en particulier les arrosages), quand vous n’avez qu’une petite collection, il y a peu de chances que vos plantes soient atteintes de maladies. Par contre, si vous voyez une tâche vert foncé qui s’élargit rapidement, que la feuille se liquéfie, coupez immédiatement autour de la plaie, dans la partie saine de la feuille. Votre plante perdra sa beauté pendant un an ou deux, mais vous la sauverez. L’emploi de cannelle s’avérerait un antiseptique naturel intéressant. Nous l’avons testé, les résultats sont intéressants mais pas concluants.

INSECTES

Heureusement, mis à part les pucerons et les araignées rouges qui peuvent tuer une plante assez rapidement, les autres types d’insectes (dont la cochenille farineuse et la cochenille à carapace) ne vous causeront pas de dommages réels à court terme. Toutefois il ne faut pas les tolérer car à long terme elles causeront des blessures qui affaibliront la plante et créeront des portes d’entrée aux complications plus sérieuses . Pour de petites collections, on se débarrassera des cochenilles facilement en les badigeonnant d’alcool à friction à l’aide d’un coton ouaté ou vous pouvez utiliser du savon horticole.

Pour de plus grandes collections, l’emploi d’un insecticide systémique s’avère la seule solution pour se départir de ces petites intruses.

Pour éviter les attaques d’araignées rouges, garder votre environnement humide.

 

FAIRE FLEURIR UN PHALAENOPSIS

J’ai un phalaenopsis depuis trois and, deux ans… il est en santé mais il n’a jamais refleurit, quel est le problème ?

De façon générale, il est assez simple de déclencher le processus floral chez les phalaenopsis en âge de fleurir. Nous débutons ce processus en juin, juillet, alors que nous transplantons l’ensemble de nos plantes. En transplantant, nous permettons à notre plante de bien s’établir dans son nouveau contenant s’il y a lieu, et de profiter des mois d’été pour développer.

  • En octobre nous coupons complètement l’apport en engrais pour trois à quatre semaines. Nous arrosons régulièrement à l’eau auquel nous aurons ajouté du sel de magnésium (sel Epson) à raison de 4gr/litre (facultatif). Au même moment, nous abaissons la température la nuit à 15-16C (57-59F) et nous augmentons celle-ci le jour. Une différence de 10 degrés celcius est souhaitable. Dans votre maison, vous n’avez qu’à entrouvrir la fenêtre qui est la plus près de votre plante et augmentez l’éclairage le jour. Ce sont différents stimulus ou stress qui agiront comme déclencheur pour la floraison chez les phalaenopsis qui fleurissent au printemps.

Lorsque nous apercevons les premières hampes florales, nous commençons à donner un engrais à fleurs, riche en phosphore(le chiffre du milieu le plus élevé) jusqu’à l’apparition des bourgeons floraux. Par la suite nous revenons à un engrais balancé.

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site